Alors que la Coupe du monde 2026 debute ce jeudi 11 juin aux États-Unis, au Canada et au Mexique, plusieurs analyses relancent le débat sur l’impact environnemental des grandes compétitions sportives. Selon des estimations relayées par France 24, RFI et d’autres médias spécialisés, cette édition pourrait devenir la plus émettrice de gaz à effet de serre de l’histoire du tournoi.
L’organisation britannique Scientists for Global Responsibility (SGR) estime que les émissions associées à la compétition pourraient dépasser de 92 % la moyenne observée lors des précédentes Coupes du monde. Selon plusieurs experts, l’élargissement du tournoi de 32 à 48 équipes constitue l’un des principaux facteurs expliquant cette hausse.
Cette nouvelle formule entraîne une augmentation du nombre de rencontres, passé à 104 matchs, ainsi qu’une multiplication des déplacements des équipes, des officiels et des supporters. La répartition des rencontres dans seize villes situées dans trois pays différents contribue également à alourdir le bilan environnemental de l’événement.
Par ailleurs, d’après les estimations citées par RFI et le quotidien canadien La Presse, le bilan carbone du tournoi pourrait atteindre entre 8 et 9 millions de tonnes de CO₂, soit près du double des émissions attribuées à la Coupe du monde 2022 au Qatar. Le transport aérien représenterait l’essentiel de ces émissions, les villes hôtes étant séparées par plusieurs milliers de kilomètres.
Face à ces critiques, la FIFA met en avant plusieurs initiatives environnementales associées à l’organisation du Mondial. En avril dernier, l’instance a annoncé le déploiement, en partenariat avec l’Arbor Day Foundation, d’un programme de reboisement et de plantation d’arbres dans les seize villes hôtes.
Selon la FIFA, plus de 250 000 arbres ont déjà été plantés dans le cadre de cette initiative, qui prévoit à terme la plantation d’un million d’arbres dans les forêts d’Amérique du Nord ainsi que plus de 12 000 arbres dans des espaces communautaires. Ladite organisation affirme que ces projets visent notamment à renforcer la biodiversité, améliorer la qualité de l’air et laisser un héritage environnemental durable dans les communautés concernées.
Toutefois, plusieurs spécialistes de la transition écologique du sport considèrent que ces mesures ne compensent pas l’augmentation des émissions générées par l’expansion du tournoi. Ils soulignent que la croissance continue des grands événements sportifs pose la question de leur compatibilité avec les objectifs mondiaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Alors que la compétition se déroule sur l’ensemble du continent nord-américain, le Mondial 2026 apparaît ainsi comme un symbole des tensions croissantes entre le développement économique du sport mondial et les impératifs de lutte contre le changement climatique.
Laurent Eugène
Infolive Haïti
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