Insécurité en Haïti : 1 642 morts entre janvier et mars, selon le BINUH

Le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) a recensé au moins 1 642 morts et 745 blessés en Haïti entre janvier et mars 2026 dans le contexte des violences armées, selon un rapport publié le 8 mai. Ce bilan marque une hausse par rapport au dernier trimestre de 2025, durant lequel 1 523 personnes avaient été tuées et 806 autres blessées.

Selon le BINUH, les opérations des forces de sécurité ont permis de freiner l’expansion territoriale des groupes armés dans certaines zones du centre-ville de Port-au-Prince. Toutefois, les violences continuent de s’étendre vers d’autres régions, notamment l’Artibonite et le Centre. Dans les territoires qu’ils contrôlent, les gangs sont accusés de meurtres ciblés, d’enlèvements, d’extorsion et de destructions de biens.

Le rapport documente également plusieurs violations graves des droits humains. En mars, un garçon de 13 ans, utilisé comme guetteur par un gang, aurait été exécuté alors qu’il faisait voler un cerf-volant. Le BINUH affirme aussi avoir recensé plus de 292 victimes de violences sexuelles en trois mois, principalement des femmes et des filles âgées de 12 à 17 ans. Ces actes incluent des viols collectifs et des cas d’exploitation sexuelle.

Dans le Bas-Artibonite, des attaques coordonnées menées entre le 29 et le 31 mars contre 16 localités ont fait au moins 83 morts et 38 blessés, selon le rapport. Plusieurs de ces zones abritaient des groupes d’auto-défense. Le BINUH indique par ailleurs que ces groupes seraient responsables de 4 % des personnes tuées ou blessées durant le trimestre, en ciblant des individus soupçonnés de liens avec les gangs.

Le rapport souligne également les conséquences des opérations de sécurité menées contre les groupes armés. Plus de 69 % des personnes tuées ou blessées au cours du trimestre l’ont été dans le cadre de ces interventions, parfois appuyées par une société militaire privée ayant recours à des drones. Parmi les victimes des frappes recensées figurent 69 civils, dont cinq enfants. À Martissant, deux fillettes âgées de 7 et 9 ans ont été grièvement blessées après la chute d’un drone dans la cour de leur maison.

Le BINUH fait aussi état d’allégations d’exécutions sommaires impliquant des policiers. Des incidents documentés dans plusieurs secteurs de la capitale auraient causé la mort de 33 personnes et fait sept blessés. L’Inspection générale de la Police nationale d’Haïti a ouvert des enquêtes sur ces cas, précise le rapport.

Malgré la détérioration de la situation sécuritaire, certaines avancées judiciaires ont été relevées. En mars, 14 juges ont été désignés pour intégrer les pôles judiciaires spécialisés dans les crimes de masse et les crimes financiers. Des développements ont également été enregistrés dans l’enquête sur le massacre de Wharf Jérémie, survenu en décembre 2024, avec l’émission de dix mandats d’arrêt contre des suspects.

Face à cette situation, le BINUH appelle notamment au renforcement du contrôle des armes entrant en Haïti, à l’accélération du processus de vérification au sein de la police nationale et à la mise en place de programmes de réhabilitation pour les mineurs impliqués dans les groupes armés.

Infolive Haïti
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