Au moins Vingt-cinq personnes ont perdu la vie et plusieurs dizaines d’autres ont été blessées lors de la bousculade survenue le samedi 11 avril 2026 à la Citadelle Laferrière, à Milot. Ce lieu historique important du pays s’est transformé en scène de deuil. La rédaction d’Infolive Haïti exprime sa solidarité avec les familles des victimes.
Mais au-delà de l’émotion, il est important de comprendre ce qui s’est passé. Réduire ce drame à une simple défaillance générale de l’État ne suffit pas. Les éléments connus montrent qu’il existe des responsabilités précises et des décisions qui doivent être examinées.
Selon des informations recueillies dans le cadre de l’enquête, l’Institut de sauvegarde du patrimoine national (ISPAN) avait déjà alerté, dès le 20 mars 2026, sur les risques liés à la forte affluence prévue sur le site. L’institution demandait plus de sécurité, un meilleur contrôle des visiteurs et une meilleure organisation. Ces demandes n’ont pas été suivies de mesures suffisantes.
Après le drame, la Police nationale d’Haïti (PNH) a arrêté sept personnes dans le cadre de l’enquête. Il s’agit notamment d’agents municipaux de Milot et d’employés de l’ISPAN. Les autorités précisent que ces arrestations font partie des premières étapes pour comprendre ce qui s’est passé, sans tirer de conclusions définitives sur les responsabilités.
Sur le terrain, les premiers éléments montrent une mauvaise gestion des entrées et sorties sur le site. Il n’y avait pas de séparation claire entre les personnes qui entraient et celles qui sortaient. À cela s’ajoutent une très forte affluence et des conditions de pluie, ce qui a aggravé la situation. Cela aurait créé un blocage dangereux à l’entrée de la Citadelle.
Ce drame n’est pas un cas isolé. Ces dernières années, plusieurs incidents ont déjà montré des failles dans la protection du site. En 2020, la chapelle de Milot avait été incendiée. En 2024, des pièces d’artillerie avaient été volées à la Citadelle. Ces événements montrent que la sécurité du site reste fragile.
La gestion des foules est aujourd’hui un problème important. Lors des grandes périodes de visite, comme les fêtes de Pâques, il n’y a pas assez de règles claires pour limiter le nombre de visiteurs ou organiser les déplacements à l’intérieur du site. À cela s’ajoute un nouveau problème : les réseaux sociaux peuvent aujourd’hui rassembler beaucoup de personnes très rapidement, sans préparation des autorités.
Les causes exactes du drame doivent encore être confirmées par l’enquête. Mais plusieurs questions se posent déjà sur la manière dont les risques ont été anticipés et gérés. Des enquêtes administratives et judiciaires sont nécessaires pour déterminer les responsabilités à tous les niveaux.
Dans l’immédiat, certaines mesures sont envisagées, comme la limitation des grands rassemblements sur le site, une meilleure organisation des visites et un renforcement de la sécurité. À long terme, il faudra aussi revoir la manière dont la Citadelle est gérée et mieux coordonner les institutions concernées.
La Citadelle Laferrière est un symbole important de l’histoire d’Haïti. Elle ne doit pas devenir le lieu de drames évitables. Il est maintenant nécessaire de comprendre ce qui a échoué et de corriger les problèmes pour éviter que cela ne se reproduise.
Laurent Eugène
Infolive Haïti
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