Le Collectif Défenseurs Plus tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur la situation sécuritaire et les violations des droits humains en Haïti. Dans une note publiée le 13 septembre 2026, l’organisation appelle les autorités à prendre des mesures urgentes face aux enlèvements, aux violences des groupes armés et aux déplacements de populations qui affectent plusieurs régions du pays.
Parmi les principales préoccupations soulevées figurent les cas d’enlèvement et de séquestration contre rançon. Défenseurs Plus réclame notamment la libération de plusieurs personnes que le collectif affirme être retenues en captivité, dont le journaliste et présentateur de Radio Télé Métropole, Wesly Renaud Jean, le cadre de la Police nationale et du ministère de la Défense James Boyard, ainsi que Caleb Jean Baptiste et Staphanie Paulte, de l’ONAPE.
Le collectif attire également l’attention sur la situation à Gressier et Kenscoff, où les incursions de groupes armés ont entraîné, selon lui, des morts, des déplacements de populations et des destructions de biens.
À Gressier, Défenseurs Plus revient notamment sur l’assassinat de Joseph Willard Vancol, directeur de la radio Ti Boukan FM et responsable du centre de formation et d’accompagnement paysan de l’ITECA. L’organisation demande que des enquêtes soient menées afin d’identifier et de poursuivre les auteurs de cet assassinat. Elle présente également cet acte comme une attaque contre la liberté de la presse, le secteur de la communication communautaire et le développement rural.
L’Artibonite toujours sous pression
La situation dans le Bas et le Haut-Artibonite constitue également un point central de la note. Défenseurs Plus fait état de violences répétées dans cette région agricole, notamment des attaques contre la population, des détournements de camions de marchandises, des incendies de maisons et des cas de violences sexuelles.
Le collectif déplore par ailleurs l’insuffisance de la réponse policière face aux exactions commises dans la région et appelle les autorités à renforcer la protection des populations et des axes routiers stratégiques.
Les écoles au cœur des préoccupations
La question de la rentrée scolaire est également soulevée. Alors que les autorités annoncent la réouverture des classes, Défenseurs Plus souligne que plusieurs établissements scolaires restent occupés par des groupes armés ou servent de refuge à des personnes déplacées.
Pour l’organisation, cette situation compromet la reprise normale des activités scolaires et pose un problème au regard du droit à l’éducation.
Le collectif demande ainsi la sécurisation des établissements scolaires et universitaires ainsi que le relogement des familles déplacées qui occupent actuellement certains de ces espaces.
Des réserves sur le processus électoral
Défenseurs Plus se prononce également sur le processus électoral. L’organisation reconnaît la nécessité d’organiser des élections libres et démocratiques pour renouveler le personnel politique, mais estime que les conditions actuelles ne permettent pas, selon elle, de garantir un scrutin crédible.
Elle appelle donc à faire de la sécurité et du rétablissement de l’autorité de l’État des priorités avant l’organisation des élections. Le collectif demande également la mise en place d’un organisme électoral jugé crédible et indépendant.
Quatre demandes aux autorités
Face à la situation, Défenseurs Plus demande aux autorités de renforcer les opérations de la Police nationale, avec l’appui des autres forces compétentes, afin de libérer les personnes séquestrées et sécuriser les principaux axes routiers.
L’organisation réclame également l’ouverture d’enquêtes judiciaires sur l’assassinat de Joseph Willard Vancol ainsi que sur les violences enregistrées à Gressier, Kenscoff et dans l’Artibonite.
La sécurisation des établissements scolaires et universitaires et la recherche de solutions de relogement pour les personnes déplacées figurent aussi parmi ses demandes.
Enfin, Défenseurs Plus appelle les acteurs politiques à parvenir à un consensus faisant de la sécurité nationale et du rétablissement de l’autorité de l’État des conditions essentielles à la tenue d’élections crédibles.
À travers cette prise de position, Défenseurs Plus lie directement la crise sécuritaire aux enjeux de droits humains, de rentrée scolaire et de calendrier électoral, estimant que la restauration de l’autorité de l’État doit précéder toute échéance électorale.
Infolive Haïti
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