Le dirigeant, exfiltré vers New York, doit être jugé pour « narcoterrorisme ». L’administration Trump annonce superviser une transition au Venezuela et faciliter l’exploitation pétrolière.
Le président vénézuélien Nicolas Maduro a été capturé par les forces américaines dans la nuit du 2 au 3 janvier lors d’une opération militaire de grande ampleur, ont confirmé le président Donald Trump et le Département de la Défense. Exfiltré vers les États-Unis, il doit comparaître à une date indéterminée devant un juge de New York, pour répondre notamment de « narcoterrorisme » et importation de cocaïne aux pays de l’Oncle Sam.
Déroulement de l’opération
Selon le général Dan Caine, chef d’état-major interarmées, l’opération, baptisée « Absolute Resolve », a été lancée sur ordre présidentiel vendredi à 22h46 (heure de l’Est). Elle a mobilisé plus de 150 aéronefs. Les forces américaines ont procédé à des frappes ciblées, notamment sur le port de La Guaira, et ont utilisé des capacités de cyberguerre pour perturber le réseau électrique de Caracas afin de faciliter l’exfiltration.
Nicolas Maduro et son épouse, Cilia Flores, se sont rendus sans résistance dans la résidence où ils se trouvaient, a précisé le Pentagone. Ils ont été transférés vers les États-Unis, avec une escale à la base navale de Guantanamo, avant d’arriver à l’aéroport de Newburgh-Stewart (New York) samedi après-midi.
Accusations judiciaires et déclarations américaines
Lors d’une conférence de presse à Mar-a-Lago, Donald Trump a justifié cette action en qualifiant le régime de Maduro de « campagne de narcoterrorisme ». Le président américain a affirmé que l’opération était l’une des « démonstrations de force les plus impressionnantes » de l’histoire militaire des États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale.
La ministre de la Justice, Pamela Bondi, a confirmé que M. Maduro et son épouse devaient répondre d’accusations portées devant le tribunal fédéral de Manhattan, incluant un complot pour importer de la cocaïne aux États-Unis.
Politiquement, Donald Trump a annoncé que les États-Unis « dirigeraient » le Venezuela en attendant une transition « sûre ». Il a également déclaré que les compagnies pétrolières américaines seraient autorisées à se rendre sur place pour « réparer les infrastructures » et exploiter les réserves de brut, tout en maintenant l’embargo sur le pétrole vénézuélien.
Réactions internationales et situation au Venezuela
La communauté internationale a réagi de manière profondément divisée à cette intervention militaire sans précédent. Les alliés traditionnels du Venezuela ont condamné avec la plus grande fermeté ce qu’ils considèrent comme un acte de guerre et une violation de la souveraineté. La Russie a qualifié l’attaque de « profondément inquiétante et condamnable », exhortant Washington à libérer Maduro.
La Chine a dénoncé un « comportement hégémonique » portant gravement atteinte au droit international. Le président brésilien Lula da Silva a parlé d’une « ligne inacceptable » franchie, mettant en garde contre un précédent « extrêmement dangereux ». Le Mexique, Cuba et d’autres nations latino-américaines de gauche ont rejeté cette ingérence unilatérale.
À l’inverse, plusieurs alliés des États-Unis ont salué l’opération. Israël a félicité Donald Trump pour son « leadership audacieux et historique ». Le nouveau président chilien d’extrême droite, José Antonio Kast, a qualifié la capture de Maduro d' »excellente nouvelle pour la région ». Certains membres de la droite européenne ont également soutenu l’action, voyant en elle la fin d’une « dictature narcoterroriste ». Dans plusieurs capitales mondiales, des milliers de Vénézuéliens en exil ont spontanément célébré la chute du régime, agitant des drapeaux nationaux.
Les institutions multilatérales et de nombreux partenaires ont adopté une position de prudence, appelant avant tout au respect du droit international. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit inquiet qu’il « n’ait pas été respecté » et a qualifié l’opération de « dangereux précédent ». La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, après un échange avec Marco Rubio, a rappelé les principes de la Charte des Nations unies et appelé à la « retenue ». Le Premier ministre britannique Keir Starmer a insisté sur le fait que « nous devons tous respecter le droit international ».
Sur le terrain vénézuélien, la situation est marquée par une dualité de pouvoir et une forte tension. À Caracas, la vice-présidente Delcy Rodriguez, apparue à la télévision d’État entourée des hauts cadres du régime et de l’armée, a affirmé que Nicolas Maduro restait « l’unique président » et a exigé sa libération immédiate. Peu après, la Cour suprême, loyaliste, lui a ordonné d’assurer l’intérim du pouvoir, sans déclarer la présidence vacante. Dans le même temps, la dirigeante de l’opposition Maria Corina Machado a appelé le candidat qu’elle soutenait, Edmongo Gonzalez Urrutia, à « assumer » la présidence, une position soutenue par le président français Emmanuel Macron. Les rues de la capitale étaient désertes, sous le couvre-feu et la surveillance des forces de sécurité nationales.
Dans plusieurs capitales mondiales ; Madrid, Lima ou encore Santiago, des milliers de Vénézuéliens de la diaspora ont célébré la chute de Maduro.
Suites et perspectives
Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir d’urgence lundi à la demande du Venezuela. L’espace aérien des Caraïbes reste partiellement fermé aux vols commerciaux par mesure de précaution.
La situation sur le terrain à Caracas est tendue, avec des rues désertes et un dispositif de sécurité important. L’avenir politique du Venezuela et les modalités précises de la transition annoncée par Washington restent à définir.
Infolive Haïti
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Sources : Agence France-Presse, Associated Press, Reuters, déclarations officielles américaines et vénézuéliennes, France 24