Le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) a publié, le lundi 11 novembre 2024, sur X, un rapport sur les flux migratoires haïtiens pour le mois d’octobre. Ce rapport met en évidence une forte augmentation des rapatriements forcés de migrants haïtiens depuis la République dominicaine, suite à la décision du président dominicain de déporter 10 000 migrants haïtiens chaque semaine. Il décrit également les conditions de détention inhumaines auxquelles ces migrants sont soumis avant leur rapatriement.
Selon ce rapport, la République dominicaine a rapatrié 27 336 personnes, 6 601 ont été refoulés, tandis que 16 306 autres ont choisi de retourner volontairement, d’après des données recueillies par le GARR, avec l’aide de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), provenant d’enquêtes menées dans plusieurs points frontaliers, dont Belladère et Ouanaminthe.
Par ailleurs, le rapport indique que les personnes détenues sont souvent privées de nourriture, d’eau et d’assistance médicale, entassées dans des véhicules inadaptés, et victimes de violences physiques et sexuelles. Parmi les rapatriés figurent des femmes enceintes, des enfants et des personnes âgées, qui endurent ces conditions difficiles sans aucun soutien.
De plus, le GARR a relaté un incident particulièrement grave survenu le 17 octobre dernier lors d’une mutinerie à Haïna, où des détenus, dont le nombre exact de victimes reste inconnu, ont tenté de protester contre les conditions de détention en étant soumis à des violences extrêmes, telles que des décharges électriques et des gaz lacrymogènes.
« Ces expulsions se déroulent dans un contexte où Haïti connaît une crise sécuritaire spectaculaire, avec des zones de la région métropolitaine sous le contrôle de gangs armés, des populations en fuite, des cas d’enlèvement qui se multiplient et des activités de trafic », déplore le rapport.
« Malgré les divers cris des organisations de droits humains, les autorités dominicaines continuent d’expulser sans discernement des femmes enceintes, des enfants, des personnes à mobilité réduite et même des citoyens dominicains d’origine haïtienne, piétinant ainsi le protocole d’accord bilatéral de 1999 et la convention américaine relative aux droits de l’homme », poursuit le communiqué.
Aussi, faut-il précisé que durant le mois d’octobre, le GARR a assisté 3 034 migrants rapatriés, leur fournissant nourriture, hébergement temporaire, produits d’hygiène et soutien psychosocial. Cependant, les ressources sont insuffisantes pour répondre aux besoins croissants des rapatriés, en particulier des personnes les plus vulnérables, telles que les femmes enceintes, les mineurs non accompagnés et les personnes âgées.
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