L’Office de la Protection du Citoyen (OPC) a dénoncé, dimanche 11 janvier, des violences physiques commises par le commissaire du gouvernement du Cap-Haïtien et son escorte armée. Ces actes, filmés et diffusés par des médias locaux, se sont produits lors d’une opération de démolition de constructions illégales sur le boulevard de la ville, engageant la responsabilité des plus hautes autorités de l’État.
Cette dénonciation intervient dans le cadre d’une vaste campagne de démolition lancée jeudi 8 janvier par les autorités départementales du Nord. Soutenue par le commissaire du gouvernement Me Éno Zéphirin et le délégué Marc Présumé, l’opération vise à démolir des constructions érigées sur les trottoirs du boulevard en bord de mer du Cap-Haïtien, jugées illégales et nuisibles au cachet touristique de la ville.
Saisi par un groupe de citoyens, l’OPC a publié un communiqué officiel signé par le Protecteur du citoyen, Me Jean Wilner Morin. L’organisme s’est basé sur des extraits vidéo devenus viraux sur les réseaux sociaux et repris par des télévisions du Grand Nord. Son « analyse préliminaire », indique le communiqué, « met en évidence des comportements graves impliquant des autorités judiciaires et administratives ».
L’OPC décrit deux scènes précises. Dans la première, « un citoyen, déjà maîtrisé par des agents de la PNH, immobilisé au sol et ne représentant aucun danger, est victime de violences physiques, notamment des gifles et des coups de pied, qui auraient été perpétrés par le commissaire du gouvernement ». Dans la seconde, « une jeune femme, s’adressant de manière respectueuse aux autorités (…) reçoit soudainement un violent coup à la gorge de la part d’un individu armé accompagnant les autorités ».
« Tout en reconnaissant le droit des autorités légalement habilitées d’exécuter des décisions de justice ou des mesures administratives, l’OPC condamne fermement ces actes, qui portent atteinte à la dignité humaine, aux droits fondamentaux et aux principes de l’État de droit », peut-on lire dans le document. L’institution en appelle directement à « la Présidence de la République ainsi que le Gouvernement » pour qu’ils prennent « toutes les mesures appropriées, tant administratives que disciplinaires » contre les responsables.
Ces accusations graves surviennent dans un climat de vives tensions sur le terrain. Dès le début des démolitions, des avocats et commerçants ont contesté l’opération, arguant de l’existence d’autorisations municipales et dénonçant un impact économique brutal sur des entreprises déjà fragilisées, réclamant plus de dialogue.
La campagne de démolition au Cap-Haïtien met ainsi en lumière une contradiction majeure : une opération menée au nom de la loi et de l’ordre public se trouve entachée par des accusations officielles de violences illégales commises par ses propres responsables, engageant une demande de sanction au plus haut niveau de l’État.
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