Esclavage : une résolution de l’ONU relance les demandes de réparations pour Haïti

Le Comité National Haïtien de Restitutions et de Réparations (CNHRR) a salué le vote d’une résolution par les Nations Unies, le 25 mars dernier, reconnaissant la traite transatlantique et l’esclavage racialisé comme des crimes contre l’humanité.

Dans un communiqué publié, le 27 mars 2026, le comité estime que cette décision ouvre un cadre nouveau pour relancer les demandes de restitutions et de réparations adressées aux anciennes puissances coloniales.

Le CNHRR souligne que cette reconnaissance dépasse le cadre symbolique et peut soutenir des démarches politiques et institutionnelles liées à la justice historique.

Haïti au cœur du débat

Le comité rappelle qu’Haïti occupe une place particulière dans cette question. Le pays a été marqué à la fois par le système esclavagiste et par la dette imposée par la France après l’indépendance.

Cette indemnité, fixée à 90 millions de francs or et remboursée sur plus d’un siècle, a eu des conséquences durables sur le développement du pays, selon le CNHRR.

La position de la France critiquée

Le CNHRR note également que la France s’est abstenue lors du vote de la résolution. Les autorités françaises ont évoqué un risque de « hiérarchisation des souffrances ».

Une position contestée par le comité, qui insiste sur la spécificité historique de l’esclavage transatlantique, présenté comme un système de déshumanisation étendu sur plusieurs siècles et ayant concerné des millions de personnes.

Selon le communiqué, ce système se caractérise notamment par la transformation juridique des individus en biens et par l’instauration de distinctions fondées sur la race, dont les effets se prolongent dans les structures sociales contemporaines.

Un appel à des actions concrètes

S’appuyant sur cette résolution, le CNHRR appelle les anciennes puissances coloniales, en particulier la France, à engager des actions concrètes en matière de justice, de restitutions et de réparations.

Le comité met également en avant l’importance de la mémoire, de l’éducation et de la reconnaissance historique comme éléments essentiels d’un processus de réconciliation durable.

Il réaffirme enfin son engagement à poursuivre ses actions en faveur des réparations pour Haïti et pour les communautés afrodescendantes.

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