Frappes de drones en Haïti : HRW évoque 1 243 morts et des possibles exécutions extrajudiciaires

Entre le 1er mars 2025 et le 21 janvier 2026, au moins 1 243 personnes ont été tuées lors de 141 frappes de drones en Haïti, selon un rapport publié par Human Rights Watch le 10 mars 2026. L’ONG qualifie certaines de ces opérations d’« exécutions extrajudiciaires », menées par une Task Force gouvernementale en collaboration avec la société militaire privée Vectus Global, dirigée par Erik Prince.

Le rapport de HRW s’appuie sur des entretiens avec des victimes, des analyses de vidéos géolocalisées et des données hospitalières, et révèle que ces frappes touchent majoritairement les zones urbaines densément peuplées, de Cité Soleil à Pétion-Ville.

L’un des épisodes les plus graves a eu lieu dans le quartier Simon Pelé, où un drone a explosé à proximité du complexe sportif « Nan Pak » pendant une distribution de cadeaux organisée par un chef de gang local. Selon HRW, 10 civils non membres de groupes armés ont été tués, dont 9 enfants âgés de 3 à 12 ans. Plusieurs témoins décrivent des blessures graves et des pertes humaines massives.

HRW souligne que l’usage de drones quadricoptères armés d’explosifs, conçus pour le champ de bataille, est inadapté aux zones urbaines. Les vidéos analysées montrent que de nombreuses frappes ont touché des personnes qui ne posaient aucune menace immédiate.

Le rapport identifie une Task Force spéciale, sous l’autorité du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et de Vladimir Paraison, chef intérimaire de la PNH. Cette force serait assistée par des opérateurs de Vectus Global. Le Département d’État américain aurait délivré une licence autorisant Vectus Global à fournir ses services en Haïti.

Human Rights Watch appelle les autorités haïtiennes à suspendre immédiatement l’utilisation de drones armés dans les zones résidentielles, en raison des risques élevés pour les populations civiles. L’organisation demande également l’ouverture d’une enquête transparente sur la chaîne de commandement impliquée dans ces opérations, y compris le rôle des contractuels militaires privés. Enfin, HRW recommande le gel de tout soutien opérationnel de la Force multinationale aux opérations menées par les forces de sécurité haïtiennes tant que des garanties claires et des mécanismes de protection des droits humains ne sont pas mis en place.

À ce jour, ni le bureau du Premier ministre, ni la PNH, ni Vectus Global n’ont répondu aux sollicitations de Human Rights Watch.

Infolive Haïti
Source : Human Rights Watch
contactinfolive@gmail.com

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