Daphy Michel, une citoyenne haïtienne de 31 ans ayant demandé l’asile aux États-Unis, est décédée début mars dans des circonstances qui soulèvent des interrogations sur le suivi des migrants libérés sous surveillance par les autorités migratoires américaines. Son corps a été découvert à un arrêt de bus à Pittsburgh quelques jours seulement après sa sortie de détention.
Selon les informations disponibles, Daphy Michel était entrée légalement aux États-Unis, le 14 décembre 2022, par un point d’entrée à Brownsville, au Texas, bénéficiant d’une libération conditionnelle pour raisons humanitaires avant de déposer une demande d’asile.
En septembre 2025, elle est arrêtée en Pennsylvanie après que des voisins ont signalé des troubles de santé mentale. Elle fait alors face à deux accusations mineures — harcèlement et menaces — et reste détenue près de six mois à la prison du comté de Washington, dans l’attente d’une évaluation psychiatrique.
Le 26 février 2026, un juge rejette les charges retenues contre elle. Toutefois, en raison d’un mandat de rétention inscrit dans son dossier, elle est transférée aux services de l’U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) au moment de sa libération.
Le 27 février, les autorités migratoires enregistrent la jeune femme dans leur programme Alternatives to Detention, qui permet aux personnes dont la procédure d’immigration est en cours de rester hors de détention sous certaines conditions de surveillance. Elle est alors équipée d’un bracelet électronique à la cheville avant d’être relâchée à Pittsburgh.
Le 2 mars, vers 10 heures du matin, des employés de maintenance découvrent Daphy Michel inanimée dans un abri de bus près du Monongahela Incline, dans le sud de la ville. Les policiers et les secours tentent de la réanimer avant son transport à l’hôpital UPMC Presbyterian, où son décès est constaté.
Selon les premières informations communiquées à sa famille, elle aurait succombé à un arrêt cardiaque. La cause officielle du décès doit toutefois être confirmée par le médecin légiste du comté d’Allegheny.
Le frère de la victime, Carlo Michel, qui vit en Pennsylvanie sous le statut de protection temporaire (TPS), affirme ne pas avoir été informé par les autorités migratoires de la libération de sa sœur ni de l’endroit où elle se trouvait après sa sortie de détention.
Les autorités fédérales ont indiqué avoir reçu, le 3 mars, une alerte signalant une altération du bracelet électronique porté par la jeune femme. Cette notification serait survenue après que le dispositif a été retiré par les services du médecin légiste.
Les circonstances exactes des jours ayant précédé sa mort demeurent inconnues. Les autorités n’ont pas précisé où Daphy Michel s’était rendue entre sa libération et la découverte de son corps, alors qu’elle se trouvait à environ une heure de route de son domicile.
Le décès de Daphy Michel intervient dans un contexte de préoccupations croissantes concernant les conditions de détention et de supervision des migrants aux États-Unis.
Début mars également, Emmanuel Damas, un ressortissant haïtien de 56 ans détenu dans un centre de l’U.S. Immigration and Customs Enforcement en Arizona, est mort après avoir développé une infection dentaire qui, selon sa famille, n’aurait pas été traitée à temps.
Selon les données de l’agence fédérale, 32 décès ont été enregistrés en 2025 dans des centres de détention ou dans le cadre des opérations de l’ICE, soit le nombre le plus élevé depuis plus de deux décennies.
Les résultats définitifs de l’autopsie et des analyses toxicologiques concernant Daphy Michel sont attendus dans les prochaines semaines afin de déterminer avec précision les circonstances de son décès.
Infolive Haïti
Source : médias internationaux
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